Review VO : Teenage Mutant Ninja Turtles Villain Micro-Series #7 : Bebop & Rocksteady

BR01La nostalgie, ça n’a pas que du bon. Si la plupart du temps on a pas nécessairement tord de jeter un regard en arrière et de balancer un bon « c’était mieux avant », bien souvent on a tendance à idéaliser ces éléments passés qui, tout compte fait, ne cassaient pas trois pattes à un canard et l’on en ressort avec une vision biaisée des choses. Par exemple, par pur sentiment de nostalgie, on peut voir bon nombre de fan(atique)s essayer de brider la créativité des auteurs de comics en leur demandant de ramener des personnages dont l’utilité reste à démontrer. On entend alors les demande les plus folles « Ramenez Venus de Milo ! Et Mona Lisa aussi ! » Bien sûr, avec une bonne histoire et Tom Waltz pour superviser ces retours, il y a fort à parier que ça pourrait marcher mais on ne peut pas demander aux auteurs de glisser tout et n’importe quoi dans leur série juste pour l’effet « cool » de citer un élément des glorieuses années 80-90. Il y a également deux autres noms qui ressortaient assez souvent et semblaient plus légitimes : Bebop et Rocksteady, l’incarnation même de l’absurde dans la série de 87. Et, enfin, ils sont de retours. Rock and Roll !

Mais pourquoi eux précisément ? Qu’ont-ils de plus que les deux mutantes citées plus haut ? Eh bien justement parce qu’ils sont les seuls capables de ramener cet absurde dans la série d’IDW. Jusqu’à présent, Waltz et son équipe avait réalisé quelque chose qui n’était pas arrivé depuis plusieurs années, les Tortues Ninja pouvaient à nouveau être prises au sérieux. Que ce soit les réactions américaines ou francophones, on relevait le même étonnement, c’est une histoire sombre, intelligente, qui mèle science-fiction et mythologie japonaise, bref on y croit à ces Tortues Ninja. Pourtant l’absurde et le second degrés y étaient totalement absents. Bien sûr on avait droit à quelques traits d’humour de temps en temps et même quelques issues capables de faire preuve d’ironie. Mais pour ce qui est de la pure folie ? Rien. C’est donc chose réparée avec le retour de Bebop et Rocksteady, magnifiquement orchestré par Ben Bates, à la fois à la plume et aux crayons, épaulé par Dustin Weaver.

Après cette longue introduction, passons à l’histoire qui est, au final, assez classique. Le récit de Bates et Weaver nous raconte comment deux brutes passionnées de musique et dont personne ne veut dans son gang vont finir par intégrer le Foot Clan et devenir les célèbres rhinocéros et phacochère mutants. Rien de bien surprenant hein ? Tant mieux parce que ce n’est clairement pas ce qui nous intéresse ici. Le point fort de ce numéro, et qui en fait peut-être le meilleur des Villain Micro-Series, ce sont les dialogues de nos deux anti-héros (difficile de les ranger dans la catégorie « méchant » tant on s’y attache et tant cette définition ne leur convient pas vraiment) qui sont en total décalage avec le reste de l’univers.

Leur première mission sera de veiller sur Karai lors d’un entretien avec un clan bien décidé à se passer de l’autorité de Shredder, l’occasion parfaite pour voir les réactions face à l’arrivée de ces deux nouveaux mutants. Et là, c’est franchement très fort, rare sont les comics aujourd’hui capable de faire rire de bon coeur son lectorat (En même temps chez DC et Marvel, c’est le côté sombre et torturé qui prédomine et Image … Bin c’est Image quoi). C’est bien simple, les auteurs ont tout bonnement ramenés les personnages tels qu’on les a toujours connu et les références au dessin-animé sont légion. Nous avons juste deux personnages qui s’amusent de leur nouveau look et qui veulent devenir les « best friends » de Shredder. Délirant. Totalement délirant. Mais vient ensuite le meilleur, leur premier affrontement et là encore, c’est juste incroyablement drôle. Finalement on pourrait résumer tout ça à un combat contre le sérieux de cet univers, parce que oui, Bebop et Rocksteady se battent avant tout à coups de blagues, pas nécessairement des plus relevées mais ce sont celles-ci les meilleures. La force de cette issue, c’est le rire, un rire qui accompagne le lecteur du début à la fin de cette aventure, littéralement.

Pour autant, l’aspect bestial et sauvage des deux mutants n’est pas laissé de côté grâce aux coups de crayon de Ben Bates. Être à la fois au scénario et aux dessins est un formidable atout pour l’auteur/dessinateur qui parvient sans problème à illustrer toute la puissance des personnages tout en y ajoutant le côté « goofy » et absurde auquel on s’attend. Bates nous gratifie également de quelques double-pages qui en imposent, tout y est spectaculaire, brutal et renversant. De toute façon, on ne s’attendait pas vraiment à de la subtilité avec Bebop et Rocksteady et c’est très bien ainsi !

Excellent. Tout bonnement excellent, ce numéro mériterait bien quelques applaudissements tant Ben Bates et Dustin Weaver ont réussi à réintroduire avec brio ces deux personnages iconiques dans le Turtleverse. TMNT Villain Micro-Series #7 est un immanquable, c’est un cadeau à tous les spectateurs du show de 87. Mais c’est fini la plaisanterie ! Après deux numéros qui ont arraché plus d’un sourire, c’est le retour au sérieux dans la conclusion de cette mini-série avec un numéro dédié au terrible Shredder !

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