Review VO : Teenage Mutant Ninja Turtles #25

54.1Lorsque l’on opère un reboot sur un univers culte il y a deux manières de procéder pour relancer les idées qui avaient bien marché par le passé : la mauvaise d’abord, qui consiste à vouloir faire du pompeux, du grandiloquent, transformant au passage ce qui était des personnages emblématiques en des ersatz fades et dépourvus d’intérêt. C’est ce qu’a pu faire DC Comics avec son Villain’s Month quitte à faire endurer une véritable traversée du désert à ses lecteurs pendant un mois, en ne prpoposant que quelques rares soubresauts de qualité. L’autre méthode, bien plus sympathique, consiste à garder l’essence d’un événement et de partir sur quelque chose de foncièrement différent tout en y incorporant de petites subtilités qui ne seront pas sans évoquer les arcs de précédents volumes. Dans le cas des TMNT ça donne City Fall et une qualité qui va crescendo de numéro en numéro.

Avant de rentrer dans le plan habituel « résumé des épisodes précédents, etc … », prenons cinq minutes pour admirer la couverture de ce #25. Si la #22 illustrait une magnifique chute onirique, Santolouco nous offre une nouvelle oeuvre d’art dont on rêverait d’avoir le crayonné, de quoi vous donner envie de cracher sur les variant d’Eastman (blasphème !). C’est simple, efficace, badass et toujours aussi bien dessiné. Allez, encore une minute …

Dans TMNT #24 nos héros s’étaient vus infligés une nouvelle et cuisante défaite, ne devant leur salut qu’à l’intervention inespérée de Slash défonçant littéralement le bâtiment du Foot Clan. Dans ce numéro, les choses s’équilibrent quelque peu, il s’agira surtout pour le clan Hamato de reformer ses rangs et de préparer la contre-attaque tant attendue.

Pour revenir brièvement sur la couverture, disons qu’elle annonce d’entrée de jeu la couleur, ainsi les pages à suivre n’auront d’autres but que de dépayser le lecteur. Première surprise, la scène d’introduction rappelant à quel point le statu quo a bel et bien changé : Karai n’est plus qu’un appât servant à infliger de lourdes pertes au clan de la Savate, utilisée par un Leonardo méconnaissable à la tête du Foot Clan. Pour autant on peut se demander si le personnage a véritablement changé puisque s’il utilise des méthodes d’intimidations brutales, le nouveau Chunin de Shredder n’a toujours pris aucune vie, exit le côté boy-scout de l’Homme d’Acier pour un personnage distillant la peur chez ses ennemis comme le Chevalier Noir. Au final Kitsune n’aura fait que révéler l’autre face d’une même pièce. Le récit montre cependant, peut-être trop rapidement, que ce n’est qu’une question de temps avant que le Leo que l’on connaît ne refasse surface, l’on assiste alors aux prémices d’un nouveau combat intérieur qui gagnera en intensité dans les numéros à venir au risque de totalement briser l’esprit du leader des Tortues Ninja.

Pour ce qui est du clan Hamato, Tom Waltz joue la carte de la subtilité en faisant de nombreux parallèles avec les quatre premiers numéros de la série d’IDW : la famille est à nouveau brisée, presque tous ses membres se retrouvent isolés, Splinter ayant disparu et Raphaël étouffant sa culpabilité en se défoulant sur les malfrats de New-York. C’est l’occasion pour Watlz de mettre sur le devant de la scène des personnages qui ont été, jusqu’alors, la plupart du temps en retrait, à savoir Donatello et plus particulièrement Michelangelo. Voir ce duo redresser ainsi que mener le clan reste un des moments forts de ce numéro. Le traitement est de la même qualité pour Raph‘, bien loin d’être relégué au rang de brute épaisse, on sent comme jamais la tonalité tragique du personnage, sa solitude au sein du clan. Que ce soit dit, TMNT #25 est un numéro riche en émotions qui, malgré la violence omniprésente dans cet event, ne manque pas non plus de scènes émouvantes qui résonnent avec une justesse rare.

Enfin le dernier point fort de cette issue au scénario définitivement très dense, c’est cette sensation d’escalade de la violence et de l’armement autour des Tortues. Bien que nos héros soient en train de se relever lentement de leurs précédentes défaites, leurs ennemis, eux, ont continué à jouer leurs cartes afin de faire pencher la balance. Ainsi le clan de la Savate, bien que rassemblant ses membres pour l’affrontement final avec le Foot Clan, ne devrait plus être une menace face aux divers opposants qui émergent dans ce numéro : si Bebop et Rocksteady font enfin leur grand retour (bien qu’ils ne rejoindront officiellement le Foot Clan qu’à partir du TMNT VMS #7), la véritable surprise (qui aura probablement mis la claque du mois à bon nombre de lecteurs et qui aura ravi les amateurs de la série TMNT de 2003) restera la renaissance de Hun, lourde de conséquences pour le clan Hamato qui, on s’en doute, ne va pas tarder à reprendre les rênes du Purple Dragon. Pour enfoncer le clou, on nous offre deux pages illustrant une alliance improbable, Old Hob peut désormais compter sur le soutien de Splinter pour son prochain coup et c’est sans difficulté que l’on voit poindre une armée de mutants sous les ordres de Hob venu réclamer sa part du gâteau. En bref, les intrigues explosent de toutes parts, évoluent, de nouveaux acteurs s’apprêtent à succéder aux vaincus et l’issue de cette guerre entre clans n’a jamais paru aussi incertaine.

Venons en maintenant à Mateus Santolouco qui a eu la lourde tâche d’illustrer le très large panel d’émotions présentes dans ce numéro, ce que l’artiste accompli avec brio : on passe de la rage au tiraillement, du désespoir à la résignation, de la tristesse à la joie, le tout sans irrégularité dans le travail de Santolouco qui fait la part belle à chaque personnage. Que dire du cliffhanger de fin de numéro ? On sent que les artistes sur le titre se font plaisir et ça, c’est un régal pour les lecteurs !

Il y aurait encore tant à dire sur TMNT #25 ! Mais au risque de s’emmêler, restons dans la simplicité, c’est à nouveau un très bon numéro qui prend le temps d’étoffer toutes les intrigues de City Fall et qui nous promet un grand final surprenant. En effet qui peut dire si nos Tortues ou si seulement l’un des clans s’en sortira vainqueur ? L’on comprend désormais mieux pourquoi Waltz avait hésité à nommer cette arc « City at War« , quelque soit l’issue de cet event, il bouleversera radicalement le statu quo et ébranlera pendant longtemps le monde des Tortues Ninja !

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